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La démarche ERP : de l'audit au Go-Live

Déployer un ERP dans une PME ou une ETI industrielle n'est pas un projet informatique, mais un projet d'entreprise. La démarche que j'applique, étape par étape, du cadrage au Go-Live.

Louis-Marie Artur3 min de lecture
  • ERP
  • Méthode
  • Gestion de projet

Déployer un ERP dans une PME ou une ETI industrielle, ce n’est pas un projet informatique. C’est un projet d’entreprise qui touche à la facturation, à la production, à la supply chain, aux achats, bref, à tout ce qui fait tourner la boîte. Et c’est pour ça qu’il rate si souvent : on le traite comme une affaire technique alors que c’est d’abord une affaire de méthode et d’arbitrages.

Voici la démarche que j’applique, étape par étape.

1. Le cadrage : où tout se joue

Avant de parler d’outil, il faut parler de besoin. Quels processus veut-on couvrir ? Quels sont les points durs métier ? Qu’est-ce qui est négociable et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Un cadrage bâclé, c’est la garantie d’un projet qui dérive : chaque zone d’ombre laissée à l’entrée ressort en cours de route, au pire moment et au plus mauvais prix.

Le cadrage produit une expression de besoin structurée, qui devient votre référence tout au long du projet et votre protection face à l’intégrateur.

2. Le choix de l’intégrateur

La proposition commerciale d’un intégrateur est un document à lire avec méfiance. Les non-dits y coûtent cher : périmètre flou, reprise de données sous-estimée, plan de rollback absent, modèle de licences non tranché. Savoir challenger une propal, c’est éviter la moitié des mauvaises surprises.

3. La conception et le paramétrage

La phase où le besoin se traduit en configuration. Le risque principal : les écarts entre ce que vous avez décrit et ce que l’intégrateur a compris. C’est aussi là que se décident les développements spécifiques, chacun étant une dette future à assumer. La règle : spécifique uniquement quand le standard ne peut vraiment pas.

4. La recette : votre dernier rempart

La recette fonctionnelle n’est pas une formalité de fin de projet. C’est le moment où vous vérifiez, cas par cas, que l’outil fait ce qu’il doit faire sur vos vrais processus, avec vos vraies données. Une recette bien menée attrape les problèmes avant les utilisateurs. Une recette bâclée les leur transfère le jour du Go-Live.

5. La reprise de données

Le point le plus sous-estimé de tous les projets. Des données fausses ou incomplètes reprises dans le nouvel outil, et c’est tout le système qui devient suspect aux yeux des utilisateurs. La reprise se prépare tôt, se teste plusieurs fois, et ne se découvre jamais le week-end de la bascule.

6. Le Go-Live

Le jour J n’est pas une célébration, c’est une opération à risque qui se prépare comme telle : critères de décision go/no-go, plan de bascule, plan de rollback, cellule de crise. Un Go-Live réussi est un Go-Live ennuyeux, parce que tout a été anticipé.

7. Les angles morts

Rollback, reprise de données, modèle de licences, conduite du changement, gestion des interfaces : ce sont les sujets qu’on repousse parce qu’ils sont inconfortables, et qui finissent par coûter le plus cher.

Le fil rouge : le pilotage

Aucune de ces étapes ne tient sans un pilotage ferme. C’est le rôle du chef de projet côté client : arbitrer, faire remonter les points durs, tenir la ligne face aux pressions de calendrier. Le rôle du chef de projet ERP.

Vous avez un projet à l’une de ces étapes et un doute sur la trajectoire ? Parlons-en 30 minutes.

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